L’arrière-boutique



1. Chacun sait que l’arrière-boutique est un lieu. C’est la pièce située derrière un magasin, dérobée à la vue des clients. On y dépose les provisions et y entrepose du matériel. Ici, le commerçant laisse traîner son bric-à-brac ; il y fait aussi ses comptes et y reçoit ses fournisseurs. Permettant le stockage et la présentation des marchandises, l’arrière-boutique et la boutique forment les deux espaces nécessaires d’un commerce.

2. Sur internet, on devine que l’arrière-boutique renvoie à l’administration du site. Elle restera masquée. Mettre les mains dans le cambouis est l’affaire de l’autrice : le lecteur ne veut guère s’en préoccuper. Il préfère naviguer parmi les notices ou attendre patiemment que la Notices|Letter arrive dans sa boîte. Au besoin, il prendra contact avec la dilettante qui s’est piquée d’écrire la règle du jeu.

3. L’intérêt véritable de l’arrière-boutique est l’idée que MONTAIGNE s’en fait : « Il se faut réserver une arrière-boutique toute nôtre, toute franche, en laquelle nous établissons notre vraie liberté et principale retraite et solitude. »1Michel de MONTAIGNE, Les Essais, 1580, Livre I, Chapitre XXXIX, Sur la solitude. C’est la partie secrète en soi, la vie intérieure, presque inaccessible aux autres. Cette arrière-boutique-là, c’est l’âme et l’essence de ce site. C’est le projet Notices.

« Comment avaler l’horreur de la vie générale si on n’a un coin pour se réfugier contre ses caprices ? Le coin matériel, le home ne suffit pas. Il y a le nid intérieur, le petit sanctuaire, la petite pagode intellectuelle, si tu veux, que l’âme se bâtit, qu’elle orne à sa guise, et où elle entre de temps en temps pour s’absorber et se refaire. »2George SAND, Lettre à sa fille Solange, à Nohant, le 27 janvier 1872.

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  • 1
    Michel de MONTAIGNE, Les Essais, 1580, Livre I, Chapitre XXXIX, Sur la solitude.
  • 2
    George SAND, Lettre à sa fille Solange, à Nohant, le 27 janvier 1872.