L’arrière-boutique

REMBRANDT, La parabole de l’homme riche,
1627, Gemäldegalerie, Berlin

 

1. Chacun sait que l’arrière-boutique est un lieu. C’est la pièce située derrière un magasin, dérobée à la vue des clients. On y dépose les provisions et y entrepose du matériel. Ici, le commerçant laisse traîner son bric-à-brac ; il y fait aussi ses comptes et y reçoit ses fournisseurs. Permettant le stockage et la présentation des marchandises, l’arrière-boutique et la boutique forment les deux espaces nécessaires d’un commerce.

2. Sur internet, on devine que l’arrière-boutique renvoie à l’administration du site. Elle restera masquée. Mettre les mains dans le cambouis est l’affaire de l’auteure : le lecteur ne veut guère s’en préoccuper. Il préfère naviguer parmi les notices ou attendre patiemment que la Notices|Letter arrive dans sa boîte. Au besoin, il prendra contact avec la dilettante à l’origine de l’utopie noticielle.

3. L’intérêt véritable de l’arrière-boutique est l’idée que MONTAIGNE s’en fait : « Il se faut réserver une arrière-boutique toute nôtre, toute franche, en laquelle nous établissons notre vraie liberté et principale retraite et solitude. »1Michel de MONTAIGNE, Les Essais, 1580, Livre I, Chapitre XXXIX, Sur la solitude. Voir Michel Magnien, Horace, Montaigne, et l’arrière boutiqueL’Invention de la vie privée et le modèle d’Horace, 2017, Classiques Garnier, p. 259-275. C’est la partie secrète en soi, la vie intérieure, presque inaccessible aux autres. Cette arrière-boutique-là, c’est l’âme et l’essence de ce site. C’est le projet Notices.