Politique

Les coups politiques

1. Contexte du coup politique. La politique est un jeu pratiqué par ceux qui nous gouvernent, par ceux qui ont cette prétention ou qui l’ont eue, par ceux aussi qui n’ont pas (ou n’ont plus) leurs chances mais continuent de s’accrocher après avoir accusé le coup. Faire de la politique, c’est entrer en compétition pour participer à la conduite des affaires publiques. C’est chercher coûte que coûte à exercer le pouvoir, pour décider, trancher, organiser, prévoir, pour être le chef de la meute. C’est nécessairement vouloir être dans la lumière, être connu et reconnu, estimé, du moins respecté et, à défaut, être craint. Or le jeu politique comporte un nombre remarquable de participants mais relativement peu de places disponibles. Imaginez jouer aux chaises musicales avec dix fois plus de joueurs que de sièges…

2. Utilité du coup politique. Dans ces conditions, il est nécessaire de jouer des coudes, de marquer les esprits, de réussir des coups d’éclat. La politique est un panier de crabes, un vase clos au sein duquel tout est bon pour arriver à ses fins. Il faut apprendre à donner des coups et à en recevoir, surmonter les coups bas et coups du sort, ne pas hésiter à rendre coup pour coup. Faire un coup politique est donc une tentation permanente, mise à toutes les sauces, en tous points du globe, à toutes les époques. D’où l’idée d’en établir une typologie qui servira de guide à l’apprenti politique dans l’élaboration de sa stratégie ou de sa tactique1C’est-à-dire de sa trajectoire, entendue comme la « série des positions successivement occupées par un même agent (ou un même groupe) dans un espace lui-même en devenir et soumis à d’incessantes transformations. » (Pierre BOURDIEU, Raisons pratiques, 1994, Paris : éd. du Seuil, p. 88-89).. Ce sera l’objet d’une autre notice. Avant cela, il est nécessaire d’en préciser les contours, d’en donner les tenants et aboutissants, d’en détailler la mécanique.

« Le « coup » est l’atome de la vie politique, l’occupation principale des professionnels de la politique. C’est aussi la raison d’être et l’objet de la science politique, à partir du moment où elle a entrepris de saisir tout ce que le jeu politique devait à l’action même des titulaires de rôles, et non aux seules règles de droit. »2Emmanuel TAÎEB, « House of Cards. Qu’est-ce qu’un coup politique fictionnel ? », Quaderni, 88 | Automne 2015, p. 67-81, spéc. p. 67.

3. Impact du coup politique. Le coup politique est une action forte, positive (commission) ou négative (abstention) (1), qui vise à produire un effet notable, voire spectaculaire (2) dans le domaine politique (3). C’est, par exemple, le coup de Jarnac, l’action coup de poing, le coup de théâtre, le coup de poignard dans le dos, le coup de tonnerre, etc. Idéalement, c’est un acte soudain, brillant et réussi, dont l’objectif n’est autre que d’« avoir » l’adversaire. C’est le « gotcha » anglais, littéralement « je t’ai eu », qui désigne familièrement un piège tendu, celui qui permettra de damer le pion aux rivaux. L’impact que le coup va produire sur l’opinion publique, l’empreinte qu’il va laisser3Rapprocher impact et empreinte (du coup politique) de l’impression produite par un coup (cf. ci-dessous, Coup, 1)., compensera en outre un précédent échec (faire coup double) ou dégagera l’avenir (redonner un coup de fouet). Dans la conscience collective en effet, le coup politique reste la marque du chef, qui met en évidence son envergure, mesure sa stature et suscite l’admiration secrète des foules comme des adversaires.

COUP
(Nom masculin)
1. Choc rapide et brutal4LAROUSSE, Dictionnaire en ligne, V° Coup, 1., impression qu’un corps produit sur un autre en le heurtant5LITTRÉ, Dictionnaire en ligne, V° Coup, 1..
2. Résultat du choc6LAROUSSE, Dictionnaire en ligne, V° Coup, 2., blessure, contusion7LITTRÉ, Dictionnaire en ligne, V° Coup, 3..
3. Mouvement8LAROUSSE, Dictionnaire en ligne, V° Coup, 4 et 5. ou action rapides9LITTRÉ, Dictionnaire en ligne, V° Coup, 7., atteinte, attaque10LITTRÉ, Dictionnaire en ligne, V° Coup, 5..
4. Acte, évènement, nouvelle qui frappe psychologiquement11LAROUSSE, Dictionnaire en ligne, V° Coup, 6..
5. Action surtout préparée à l’avance, combinée, manigancée ; combine, affaire12LAROUSSE, Dictionnaire en ligne, V° Coup, 11. ; façon d’attaquer, de manœuvrer dans une lutte, une compétition quelconque, au combat ou dans certains sports13LAROUSSE, Dictionnaire en ligne, Coup, 12..

4. Nature du coup politique. C’est évidemment à ce dernier sens que le coup politique fait référence. On peut ainsi en proposer la définition suivante. Le coup politique est l’action ou la manœuvre, généralement inventive et risquée, qui vise à obtenir, dans la compétition politique, un avantage significatif, voire décisif sur ses adversaires (gagner une élection, obtenir un poste, retourner l’opinion, reprendre le pouvoir).

1. L’action : un coup d’éclat

5. Une action tactique. Le coup politique n’est pas une action banale. Ce n’est pas la simple prise de parole publique, le traditionnel déplacement en circonscription ni la vulgaire proposition de loi. C’est une action qui vise à la réalisation d’un objectif personnel. C’est donc une tactique, c’est-à-dire un des moyens mis en œuvre et coordonnés en application d’une stratégie, pour parvenir à l’effet escompté. Autrement dit, il ne s’agit pas de profiter d’une action nécessaire ou même facultative pour en tirer un bénéfice plus ou moins important. Le coup politique consiste moins à faire d’une pierre deux coups qu’à tout tenter pour réussir son coup (et idéalement réussir du premier coup), c’est-à-dire pour voir son entreprise couronnée de succès. Le coup politique est vraiment le cas typique où la fin justifie les moyens.

6. Une action éclair. Le mot « coup » contient l’idée de brièveté. D’ailleurs, pour être donné avec force, un coup doit être rapide (passer en coup de vent). Cette célérité, c’est évidemment la vitesse d’exécution (agir sur un coup de tête). Il faut faire vite pour provoquer un effet de surprise chez les rivaux (par exemple, agir coup sur coup). Le coup politique réussi est généralement inattendu et laisse les adversaires comme deux ronds de flan, désarçonnés (être aux cent coups) et ne sachant comment réagir. Mais la célérité du coup politique, c’est également la vitesse de conception. Il faut préparer son coup rapidement et le tenter dans la foulée. Car un coup politique se pense et se pratique en fonction des circonstances (calculer son coup). Concrètement, soit on saisit une occasion, soit on en crée une. Il n’y a pas de coup politique sans cela, ni sans capacité à discerner rapidement le parti qu’on peut tirer d’une situation. C’est le fameux coup d’œil, dont Max WEBER faisait la « qualité psychologique déterminante de l’homme politique »14Le coup d’œil est, selon lui, « la faculté de laisser les faits agir sur lui dans le recueillement et le calme intérieur de l’âme et par conséquent savoir maintenir à distance les hommes et les choses. » (Max WEBER, « Le métier et la vocation d’homme politique », Le savant et le politique, 1919)..

7. Une action d’éclat. Le coup politique est ainsi une entreprise violente ou brève, généralement inattendue, toujours décisive en ce qu’elle permet d’obtenir un avantage certain sur ses concurrents. Ça, c’est l’hypothèse du coup politique qui réussit. Il n’est pas inutile de rappeler que le coup politique peut aussi rater (manquer son coup, jouer un coup pour rien). Il y a l’hypothèse, peu glorieuse, du coup d’épée dans l’eau ; il y a, plus dangereux, le coup qui se retourne contre soi. C’est pourquoi il est risqué et, s’agissant d’un domaine public, donc soumis à publicité, particulièrement casse-gueule. Difficile à manier (il faut avoir le coup de main), le coup politique est rarement pratiqué avec génie et peut se retourner contre son auteur. C’est ce risque et cette difficulté qui en font le panache. Le coup politique doit être un coup d’éclat, « un exploit qui marque les esprits, [fruit de] l’attitude d’une personne [qui] se distingue par rapport aux autres par son comportement hors-norme ou courageux. »15Dictionnaire de la langue française LINTERNAUTE, Coup d’éclat. Pour réussir, le coup politique doit, en fait, être un coup de maître.

2. L’effet : un coup de maître

8. Un effet spectaculaire. Il faut bien comprendre que ce qui fait le coup politique est moins l’action d’éclat (l’initiative) que l’effet spectaculaire (le résultat). En politique comme à la boxe, l’important est l’efficacité du coup porté16« … ni le contrôle du coup, ni celui de ses effets ne sont absolus, et les acteurs ne maîtrisent que partiellement leur propre action et celles des autres joueurs. » (Emmanuel TAÎEB, « House of Cards. Qu’est-ce qu’un coup politique fictionnel ? », Quaderni, 88 | Automne 2015, p. 67-81, spéc. p. 75).. Une action éclatante qui produit un effet dérisoire ne sera pas qualifiée de coup politique, alors que l’action dérisoire qui produirait un effet éclatant (porter un coup terrible) en serait un. Évidemment, on a plus de chances de produire un effet spectaculaire avec une action forte qu’avec une action dérisoire… L’effet spectaculaire du coup politique est donc le pendant de l’action d’éclat. Un coup politique prend toujours place dans une société donnée. Or la nôtre est (relativement) démocratique et (franchement) médiatique. L’impact du coup politique se mesure donc essentiellement à l’effet produit sur l’opinion publique. Ainsi l’effet doit-il être spectaculaire aux yeux des électeurs, il doit être particulièrement visible (se voir au premier coup d’œil) et suffisamment fracassant pour être relayé par la presse ou les réseaux.

9. Un effet intéressé. Le champ politique est un vaste espace symbolique dans lequel se déploient les coups de tous les joueurs (généralement concurrents, parfois alliés17« L’amitié en politique a ceci de bon qu’elle n’est jamais définitive. » (Paul MEURISSE, dans le film L’œil du monocle, 1962, réal. Georges LAUTNER)) : le coup de force qui mettra l’adversaire au tapis, le coup de grâce donné à la carrière d’un rival, le coup d’envoi de sa propre carrière. Il est rare qu’on parvienne au sommet sans coup férir… Sur cette large toile mentale, chaque joueur prend ainsi des « positions » (idée nouvelle, déclaration publique, acte notable, prise d’initiative) qui lui confèrent une posture18« Comme au jeu des échecs, toute action accomplie dans une relative indépendance représente un coup sur l’échiquier social, qui déclenche infailliblement un contrecoup d’un autre individu (sur l’échiquier social, il s’agit en réalité de beaucoup de contrecoups exécutés par beaucoup d’individus) limitant la liberté d’action du premier joueur. » (Norbert ÉLIAS, La société de cour, 1974, Paris : Calmann-Lévy, p. 152).. En ce sens, le coup politique n’est jamais qu’une prise de position particulière, qui ne se comprend que dans la course au pouvoir et dont le but est de creuser l’écart avec les concurrents (se donner un petit coup de pouce).

« … une prise de position, le mot le dit à merveille, est un acte qui ne prend son sens que relationnellement, dans et par la différence, l’écart distinctif. Le politicien averti est celui qui parvient à maîtriser pratiquement le sens objectif et l’effet social de ses prises de position grâce à la maîtrise qu’il possède de l’espace des prises de position actuelles et surtout potentielles… »19Pierre BOURDIEU, « La représentation politique – Éléments pour une théorie du champ politique », Actes de la recherche en sciences sociales, vol. 36-37, févr.-mars 1981, p. 3-24, spéc. p. 6.

10. L’apprenti politique veillera donc à bien connaître le terrain de jeu avant de tenter son coup. Plus encore, il s’assura de connaître la musique20A posteriori, on peut toujours « déconstruire et expliciter le coup, en le resituant dans l’espace des possibles politiques […], et dans les modes de fonctionnement des autres acteurs ; [où apparaît] la nécessité de maîtriser leur psychologie, leur trajectoires biographiques et leurs désirs, afin de les acculer politiquement ou de leur donner la gratification qu’ils attendent… » (Emmanuel TAÎEB, « House of Cards. Qu’est-ce qu’un coup politique fictionnel ? », Quaderni, 88 | Automne 2015, p. 67-81, spéc. p. 73)., d’avoir acquis une certaine maturité et de posséder à fond l’art de sentir le vent tourner21« … ce « sens pratique » des prises de position possibles et impossibles, probables et improbables pour les différents occupants des différentes positions, est ce qui permet de « choisir » les prises de position convenables, et convenues, et d’éviter les prises de position « compromettantes »…« (Pierre BOURDIEU, « La représentation politique – Éléments pour une théorie du champ politique », Actes de la recherche en sciences sociales, vol. 36-37, févr.-mars 1981, p. 3-24, spéc. p. 6).. Enfin, le coup politique étant un acte intéressé, où chacun joue pour soi, il faudra faire en sorte d’être imprévisible pour ses rivaux. La réussite est à ce prix22C’est l’effet de surprise. « Ce sens du jeu politique qui permet aux politiciens de prévoir les prises de position des autres politiciens est aussi ce qui les rend eux-mêmes prévisibles pour les autres politiciens. » (Pierre BOURDIEU, « La représentation politique – Éléments pour une théorie du champ politique », Actes de la recherche en sciences sociales, vol. 36-37, févr.-mars 1981, p. 3-24, spéc. p. 6-7)..

11. Un effet décisif. Un coup politique réussi apparaît toujours (après coup) comme un acte décisif, en ce qu’il décide de quelque chose. C’est le coup de pied dans la fourmilière, qui ouvre le champ des possibles, pose les bases d’une nouvelle situation, voire renverse l’ordre établi. Mais pour produire cet effet, le coup politique doit être particulièrement efficace, et pas simplement spectaculaire, efficace sur le public visé, la cible (son parti, un rival particulier, le peuple). On touche du doigt l’aspect délicat de l’opération et l’habileté dont il faut faire preuve pour prendre l’avantage sur la concurrence. C’est le flair qui est déterminant, c’est-à-dire l’adresse et l’ingéniosité : accomplir la bonne action, une action inventive, choisir le bon moment et réussir à produire l’effet voulu. Parfois, il faut rectifier le tir en cours de route et c’est l’agilité (la légèreté et la rapidité des mouvements) qui fait la différence. Retourner sa veste n’est pas interdit si on le fait promptement. Et alors, pour quelques temps au moins, on a les coudées franches.

« … les coups joués […] tirent leur efficacité de leur originalité (quelque chose de jamais tenté), de leur astuce (faire dialoguer des acteurs issus d’un pays qui est en transition démocratique pour justement leur apprendre, à leur insu, les vertus du dialogue démocratique), ou de leur symbolique (le président Bartlet [le personnage] quittant la Chambre parce que le speaker le fait anormalement attendre ; il sort ainsi vainqueur du bras de fer, faisant passer l’attitude du speaker pour une marque d’irrespect du statut présidentiel). »23Emmanuel TAÎEB, « House of Cards. Qu’est-ce qu’un coup politique fictionnel ? », Quaderni, 88 | Automne 2015, p. 67-81, spéc. p. 77-78.

3. Le domaine : la compétition politique

12. Le champ politique. Dans la pureté des concepts, la politique devrait être l’organisation de la vie en commun. Or, dans l’histoire humaine, l’émergence des villes24Politique vient de polis, la ville en grec ancien. fonde la civilisation, qui s’appuie sur la sédentarisation et l’agriculture (l’Homme est initialement un chasseur-cueilleur nomade), et fonde donc la propriété et les hiérarchies. Ainsi, qui dit politique dit nécessairement pouvoir, de sorte que la politique désigne aussi bien la conduite des affaires de l’État que l’exercice du pouvoir décisionnel, dont le prestige rejaillit de fait sur ceux qui l’exerce. En fin de compte, faire de la politique poursuit deux objectifs : conquérir le pouvoir et/ou exercer le pouvoir. Or les « coups » politiques sont autant utiles à la conquête qu’à l’exercice du pouvoir.

13. Le champ intellectuel. Cette conquête du pouvoir puis l’exercice de l’action politique se déploient dans un espace imaginaire, conceptuel, intellectuel. La lutte et la course politiques ne sont pas physiques. Elles sont symboliques. On se bat à coup d’idées, d’images et de paroles. Ce ne sont donc pas les plus forts physiquement qui exercent le pouvoir mais ceux qui ont le mieux su créer des coalitions et séduire l’électorat25« Le coup joué témoigne de la capacité des acteurs à saisir les normes comme à s’en affranchir, à s’appuyer sur leurs capitaux et leurs ressources, pas seulement institutionnels, pour devenir vainqueurs de divers rapports de force. » (Emmanuel TAÎEB, « House of Cards. Qu’est-ce qu’un coup politique fictionnel ? », Quaderni, 88 | Automne 2015, p. 67-81, spéc. p. 67)., c’est-à-dire ceux qui parlent avec le plus de profit (pour eux). D’ailleurs, le politique ne fait pas : il parle. Il n’agit pas : il fait agir les autres. Sans doute parler revient-il à faire. Mais j’insiste par là sur le caractère abstrait, voire spéculatif de la politique. Ce n’est pas une activité (directement) productive, comme le sont la maçonnerie ou la boulangerie. C’est une activité intellectuelle, d’organisation et d’anticipation, qui s’appuie sur l’analyse et la synthèse, également sur la curiosité de connaître ce qu’on ignore et la capacité à s’abstraire de sa propre place dans la société. Il est rare, trop rare cependant, que toutes ces qualités se retrouvent dans une même personne et que ce soit précisément cette personne-là qui accède aux plus hautes fonctions de l’État…

14. Le champ démocratique. La démocratie, qui est le jeu politique qu’on joue à l’heure actuelle en France26La France a connu la monarchie, l’empire et d’autres régimes. La forme actuelle de la démocratie est la République. Il existe en Europe des monarchies qui sont des démocraties. Ce sont les monarchies constitutionnelles (Grande-Bretagne, Belgique, Danemark, Norvège, Espagne, etc.)., avait été conceptualisée à l’échelle de villes où les citoyens (les hommes libres uniquement) délibéraient tous ensemble dans des amphithéâtres : les cités grecques. Cette forme de démocratie est dite directe, par opposition à celle qui s’exerce par le biais de représentants : la démocratie indirecte. C’est en réalité une forme de démocratie dévoyée (d’où le recours à l’expression pléonastique de démocratie participative), que le XVIIIe siècle a adaptée tant bien que mal à des sociétés beaucoup plus nombreuses. Le recours aux représentants change complètement la donne. Les électeurs, les représentés, sont devenus les arbitres des querelles permanentes entre représentants ou ceux qui aspirent à l’être (les électeurs comptent les coups), ce qui fausse évidemment le jeu.

15. Le champ médiatique. D’où l’importance donnée à l’information, qu’on la divulgue (communication) ou qu’on la retienne (secret). D’où la nécessité également de la recherche et de l’analyse de l’information, de la vérification de ses sources et donc le rôle capital joués par les journalistes en démocratie. D’où enfin le perpétuel lobbying de forces qui mettent en péril l’équilibre des intérêts (l’intérêt général). La presse quotidienne bon marché apparue au XIXe avait déjà modifié la règle du jeu. Mais l’avènement d’internet et des réseaux sociaux a poussé la logique à son maximum. Tout à coup, instantanéité, incertitude et risque d’image sont devenus le lot quotidien de ceux qui naviguent en politique. Plus que jamais, on pense moins à la France et aux Français, qu’à demander des coups de main aux journalistes, qu’à donner des coups de colliers pour briller, qu’à espérer sortir du lot d’un coup de baguette magique (la « petite phrase », l’effet « waouh » et autres fadaises), toutes choses qui ne trompent personne mais sapent la confiance des citoyens dans leurs représentants.

COUP POLITIQUE
(Locution nominale)
Action ou manœuvre, généralement inventive et risquée, qui vise à obtenir, dans la compétition politique, un avantage significatif, voire décisif sur ses adversaires (gagner une élection, obtenir un poste, retourner l’opinion, reprendre le pouvoir).
Voir le lexique du projet Notices,  Coup politique, Jeu politique et Stratégie politique.

Sources

Illustrations