Cartographie du réel (roman)

La chute
d’un homme
exceptionnellement doué
qui refuse son
exceptionnelle destinée

Un roman de Valérie Debrut

écrit entre avril
& juin 2026

❝ Croisé dans la vie, un tel personnage serait moins exact et moins typique, moins prévisible également, et notre roman n’aurait aucune chance de prospérer. C’est l’ennui avec la littérature : il faut simplifier pour dire le vrai. ❞

— Incipit —

Édouard Brassac est un homme heureux.

La quarantaine juste passée l’a laissé bonhomme, et il possède tout ce qu’il avait souhaité : de fins cigares à fumer, de bons livres à feuilleter, de seyants costumes à porter.

S’il n’est pas vraiment égaré dans son époque, il a tout du vestige. Sa profession (juridique), son appartement (cossu), sa diction même, et jusqu’à son nom : tout est propret, délicieusement suranné.

C’est, en somme, un personnage de roman, aussi pondéré que pittoresque, dont on trouverait bien quelques traits de ressemblance chez certains notables de province.

Mais celui-ci se trouve à Paris : il y est né, n’en sort que peu et s’en arrange fort bien. Autour de lui, il a ses murs blancs et ses meubles havane ; au-dessus de la tête, des moulures et des luminaires.

Au-delà, imagine-t-il, doit se trouver le ciel : il le voit peu et n’y pense pas.

❝ La mansarde de son cerveau — l’organisation de ses idées, les étages de leur conservation, leur mode de circulation — résonne étrangement avec la disposition des meubles et des pièces, la présence des portes dérobées et l’existence des tiroirs secrets. ❞
Ambroise TARDIEU, Plan de Paris, 1839, Paris : éd. Furne
❝ La lectrice aura compris que, développée et affinée au fil du temps, cette clairvoyance instinctive établit d’emblée Édouard Brassac dans une position de surplomb cognitif. ❞

— Plan —

I.
L’ORDRE

Chapitre 1.
L’existence minutieusement réglée
du personnage principal, singulier notaire à Paris

Chapitre 2.
La curieuse manie d’Édouard Brassac
et son prodigieux don de seconde vue

Chapitre 3.
Le réel tel que perçu au quotidien
par Édouard Brassac

Chapitre 4.
L’élastique morale d’Édouard Brassac
et ses rares opinions sur le siècle

Chapitre 5.
Le chapitre de l’organisation domestique
et des habitudes alimentaires

II.
LA CHUTE

Chapitre 6.
Où le grain de sable se présente sous des traits d’apparence féminine

Chapitre 7.
La mise à défaut de la vision radiographique,
système de lecture du réel propre à Édouard Brassac

Chapitre 8.
Les deux tentatives successives
de mise à jour du système Brassac

Chapitre 9.
La recherche effrénée de Barbara,
apparition fugace évaporée dans la nature

Chapitre 10.
L’effondrement de la vision radiographique
comme stratégie d’existence fiable et viable

Chapitre 11.
La brève réapparition de Barbara et les conclusions qu’Édouard Brassac choisit d’en tirer

Chapitre 12.
La dernière grande décision d’Édouard Brassac
et l’implacable enchaînement qui en résulte

ÉPILOGUE
Le jugement dernier d’Édouard Brassac,
citoyen honnête mais mauvais homme

❝ Une telle hauteur de vue devrait produire une sagesse presque infinie, en tout cas une morale éminente.
Mais notre notaire a ce défaut majeur des individus de son espèce : il juge le monde depuis le promontoire des privilégiés et, de ce fait, pense la réalité à partir de ses propres possibilités. ❞
Ambroise TARDIEU, Plan de Paris, 1839, Paris : éd. Furne
❝ Laissant sa vocation en souffrance, il se figure l’avoir transformée, aménagée, en un mot rendue compatible avec son confort et son statut. ❞